Un cadeau bricolé

Quand on reçoit un cadeau bricolé par notre enfant, on est content, flatté, souriant.

On se dit que cette personne sait penser aux autres, que ces autres, c’est aussi nous et que c’est sûrement un peu grâce à nous qu’il développe cet altruisme.

On regarde le bricolage, parfois on le sent et on fait quelques commentaires qui démontrent notre joie et notre fierté en espérant contribuer à son estime.

On l’affiche fièrement et on le laisse presque volontairement accumuler de la poussière, parce qu’il serait dommage de l’abîmer en le frottant. On se demande secrètement s’il sera remplacé par le prochain ou si le prochain et les suivants se joindront à lui, étalant l’évolution des compétences de notre chéri, de sa motricité fine comme ils disent, et comparant le niveau de poussières accumulées.

Ça, c’est la pointe de l’iceberg.

Parce que sous ce cadeau aux airs innocents, il se cache plus que notre espoir d’un altruisme naissant et que la motricité fine grandissante de notre enfant.

Il y a tout le travail de l’enseignant, de l’éducatrice ou même du grand frère ou de la grande soeur.

La préparation, l’idée, la recherche. La recherche de l’idée et de la préparation.

Souvent, il y a Pinterest. Parfois, il y a les souvenirs de son enfance. Il y a peut-être le programme éducatif, mais la plupart du temps, il y a une idée originale, le désir que l’idée soit originale. Il y a le désir de personnaliser l’œuvre par l’enfant et pour le parent.

Ensuite, il y a la recherche et le rassemblement du matériel et la mise en place selon le nombre d’enfants.

Puis, il y a le jour J. Les enfants ont fait de la peinture, du découpage, du collage, et du dessin à maintes reprises, surtout pour découvrir différents médiums et prendre de l’aisance, mais aujourd’hui, ils le font pour créer une émotion à quelqu’un d’important. Le guide, l’enseignant ou l’éducatrice souhaite que chaque enfant s’amuse assez pour avoir envie de raconter à son parent comment il a fabriqué son cadeau, avec une intonation particulière, les sourcils relevés et des « pis là, j’ai fait ça »  » pis là… »

Il y a le vécu de notre enfant à travers ce bricolage.

Les choix de couleurs et de matériaux qu’il a eu à faire.

Les crayons qu’il a dû partager.

Ses petits doigts qui ont manipulé des pinceaux, du sel et des crayons qui tachent.

Il a sûrement dû attendre son tour plusieurs fois.

Il a comparé son œuvre avec celles des autres.

Il a pris conscience de certaines de ses limites et les a acceptées.

L’effet des encres, du mélange des couleurs et du sel l’a surpris et émerveillé.

Il a exprimé des demandes.

Il a accepté de se salir.

Il a appris à penser à une personne en particulier, pas à ses deux parents, mais seulement à maman pour cette fois-ci.

Des questions lui ont été posées et il a cherché dans ses souvenirs.

Il a manipulé un couvercle. Visse, dévisse, replace, revisse… Et exercé sa persévérance!

Il a déchiré et roulé du papier.

Il a entendu le son du froissement, senti l’odeur de l’encre et du savon pour la nettoyer, il a admiré les couleurs, il a découvert la sensation rugueuse du sel entre ses doigts et y a peut-être même goûté.

Son attachement pour son éducatrice a été sollicité, tantôt pour partager son étonnement, tantôt pour avoir son approbation.

Lorsqu’il a terminé son travail, il a dû s’occuper seul un moment, pour laisser les autres terminer aussi.

Il a admiré le résultat et vécu de la fierté.

Puis, il l’a offert.

Il a attendu la réaction et espéré un témoignage de tendresse, une validation de l’importance du lien qu’il vit avec sa maman adorée!

Bonne fête des mères! 🌷🎁

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