Parents de Cocottes et de Petit Pois, je voudrais vous dire

Parents de Cocottes et de Petits Pois,

Je vous côtoie depuis plusieurs années.
Vous me côtoyez aussi depuis plusieurs années.
Je vous ai accueillis au fil des jours, je vous ai vu enfiler les épreuves.
Vous avez vu mes yeux bouffis au petit matin d’une épreuve.

Moi, mes enfants ont grandi et ils font la plupart du temps leurs nuits. (Et leurs pipis à la toilette!)
Mais je suis passée par les presque-pas-nuits et j’ai connu tout ce qui vient avec et ce qui les cause.

Maintenant, avec mes enfants, je vis autre chose, je vis « la suite ». Je vis votre suite.
Je la vis matin et soir, fin de semaine et congés, parfois plus souvent, dans mes pensées et mes angoisses. Je la vis à chaque appel, courriel, message de l’école, à chaque réunion, à chaque fois que la vie me rappelle que j’ai une famille recomposée, à chacun de leur retard, à chaque nouvelle étape de leur vie.
C’est dont l’fun quand ça grandi!

Et durant le jour, je continue à vivre le terrible two, les siestes entre-coupées du petit, les microscopiques bobos qui prennent le 3/4 de leur attention, les dégâts de verre de lait, les changements de couches, l’entraînement à la propreté, le dos barré parce qu’à deux ans, c’est pesant à monter sur une table à langer 6x par jour, les cris sans mots, les pleurs pour « je saaiiis paasss », le besoin de contrôle, de stimulation, de bougeotte etc……

Alors, vos cernes, vos soupirs, votre respiration retenue, vos efforts pour me sourire certains matins, je les comprends!!!
Parfois je laisse passer, je vous souhaite une bonne journée, et je vous le dis en secret, dans ma tête: « C’est pas facile je le sais, mais ça va passer, vous faites la bonne chose ».
Je voudrais tellement vous enlever une partie du poids de l’épreuve, mais je sais et comprends que je n’y peux rien.

Je n’ai pas de contrôle sur la source de la situation, comme je n’en ai pas toujours sur la mienne.
J’essaie de faire ce que je peux pour vous soutenir, vous montrer que je comprend, que vous ne devez pas vous sentir jugés, que vos confidences sont bienvenues mais pas forcées.
J’essaie de contribuer à l’épanouissement de votre vie de famille en donnant du réconfort et de la joie à vos enfants, en les aidant à devenir autonomes et bons.

Vous vous intéressez à ma vie de famille, vous prenez des nouvelles, parfois vous en avez sans les demander. Vous respectez la limite de l’intimité, ce qui n’est pas facile, je l’admets, quand vous arrivez chez moi, que vous entrez dans ma maison et que vous croisez mes enfants et mon conjoint, tout ça cinq jours par semaine!

La base de mon travail est de prendre soin des enfants, de les aider à grandir et à mûrir, mais à travers tous ces petits matins et ces petites discussions de fins de journées, d’autres relations se développent.

C’est un effet secondaire.

De façon graduelle et subtile, nous apprenons à nous connaître, à communiquer, à se sentir vivre.
Pour moi, c’est synonyme de profondeur, d’authenticité, ce sont des relations spéciales.

Quand un enfant quitte mon service de garde, je me dis que c’est toujours pour les bonnes raisons, et je lui souhaite la meilleure continuité. J’ai le cœur brisé de le voir partir, mais je me console bien car je connais bien ses capacités.
Ma tête dis à mon cœur que j’ai confiance.

Quand une famille quitte mon service de garde, je vis un vide.

L’absence des enfants, l’inexistence de l’écho, la disparition du pouls de la famille est subite et difficile à supporter.

Ma tête dit à mon cœur de faire son deuil.

Chers adultes qui entrez chez moi chaque matin, je voudrais que vous sachiez que mon travail est plus qu’un travail, c’est un engagement.

Comme tout le monde, j’ai besoin de congés, j’ai besoin de vacances, mais ça, mon cœur l’ignore.
Lui, il ne se met pas en mode veille quand vous déménagez, quand vous avez des choix à faire ou lors de la rentrée scolaire de vos enfants.

Lui, il attend. Il attend votre retour, il attend de vos nouvelles. Il tend l’oreille pour entendre l’écho, le retour de son salut qui ne vient pas.

Il sent qu’il a le devoir de palper le pouls. Et tout d’un coup, il se sent inutile.

Bon, il ne se prend pas pour n’importe qui, lui!
Ma tête lui a bien fait signe de se calmer de temps à autres.
D’ailleurs, elle fait quoi, elle?
Ha oui! Elle était en train de vous dire:« À bientôt! »

1 réflexion sur « Parents de Cocottes et de Petit Pois, je voudrais vous dire »

  1. c’est tout à fait ça

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