Lâcher prise quelque soit notre rôle

Lâcher prise c’est savoir remettre à César ce qui revient à César.

Reconnaître et accepter les limites de notre rôle.

Comme éducatrice, parent, dans le couple, partout.

Accepter de faire partie d’un tout, comme un arbre dans la forêt. Un arbre ne peut constituer une forêt à lui seul, c’est quand il est parmi les autres qu’il contribue au concept de la forêt.

Reconnaître les limites temporelles des situations, car seul le présent a une valeur. Le reste n’existe plus, ou pas encore.

Lâcher prise nous permet d’agir plus rapidement dans la mesure de nos responsabilités.

S’accrocher à un espoir, à une réussite ou à l’espoir d’une réussite, autant qu’à un échec passé, une erreur ou à l’anxiété bloque les possibilités d’actions dans le présent. Et le présent souffre. Je souffre.

Tu souffres

Il souffre.

Nous souffrons.

Vous souffrez.

Ils souffrent.

Bin oui, un petit exercice de conjugaison s’impose.

Parce que, pour chaque individu qui souffre quand il est pris seul, un groupe souffre aussi. La souffrance comme le bien-être se conjuguent.

Quand je ne suis pas bloquée, piégée par des convictions, des croyances, des exigeances, le besoin de contrôle, le jugement des autres, je peux laisser aller le passé et agir sans attendre de garantie dans le futur.

La vision idéale d’un «ailleurs», d’un «autrement» peut être si intense que je peux en venir à ne plus croire qu’une petite action sera utile, ou au contraire me faire croire que je dois tout donner, tout faire pour contribuer à atteindre l’utopie. 

La juste mesure disparaît. Mon équilibre chancèle.

Malgré ma volonté et ma compréhension, parfois je n’arrive pas à lâcher prise.

Mes valeurs m’indiquent la voie et le chemin contraire avec autant d’arguments pour l’un que pour l’autre.

Mes émotions me parlent fort. Elles crient et résonnent dans mon corps tout entier. Elles me supplient de faire ce qu’il faut pour obtenir justice et réparation, pour prendre de la distance avec tout ce qui m’agresse et me dégoûte, pour avoir la reconnaissance qui me revient.

Ha! Le voilà ce César!

Mais qu’est-ce qui revient à César exactement?

Au présent, j’ai des ressources et de l’énergie que j’aimerais éviter gaspiller, que je voudrais savoir utiliser à leur juste valeur.

Mes connaissances, mon entourage, l’équipe dans laquelle mon rôle prend son sens sont des ressources immédiates pour l’atteinte de l’objectif. Savoir les utiliser avec justesse est un art.

L’empathie et le désir d’aider sont de grandes qualités dangereuses pour qui n’a pas appris à doser. Elles peuvent se transformer en piège quand on prend la responsabilité des émotions des autres.

Le rôle d’éducatrice

Je crois que même un enfant, aussi immature soit-il, est le seul à pouvoir porter la charge de son émotivité et de ses comportements.

Les adultes responsables ont le devoir de l’aider, de l’accompagner à se développer. Ils peuvent l’écouter, le comprendre, le consoler, lui enseigner des méthodes, lui permettre des exutoires, mais ils ne peuvent pas l’empêcher de vivre une émotion en le surprotégeant, ni le libérer de son émotion en prenant l’épreuve sur eux.

Les éducateurs et les parents n’ont pas le même rôle. Leurs rôles n’ont pas la même portée et ne se substituent pas.

Normalement, un parent devrait être dans la vie de son enfant pendant la plus grande partie de celle-ci.

L’éducateur/trice n’est que de passage.

Certes, l’éducateur/trice a beaucoup à apporter par ses connaissances, son recul face à sa situation globale, son énergie et son désir de transmettre le meilleur de lui-même.

Une éducatrice en milieu familial est, la plupart du temps, une mère avant tout. Elle prend des enfants chez elle pour leur faire vivre un quotidien enrichissant et sécurisant. Elle est animée par ce désir d’aider. Elle a ce sentiment maternel qui repousse bien des limites. Mais, elle en a des limites. Et elle doit en rester consciente. Elle doit penser durable, ne pas gaspiller ses ressources et son énergie.

Elle a un service à donner à plusieurs familles. Elle doit donner un bon service à chacune d’elles. Souvent, elle n’a pas de personnel supplémentaire pour encadrer un enfant qui a des besoins particuliers demandant plus d’attention. 

Le principal personnel à sa disposition, ce sont les familles, les parents de ces enfants. Elle compte sur la collaboration des parents pour avoir un impact global dans la vie de cet enfant. Les deux parties se complètent. Les observations, les informations et les attentes doivent être transmises clairement et régulièrement. 

Parfois, la volonté, l’amour et les connaissances ne suffisent pas.

Parfois, la force réside dans la capacité à admettre nos limites.

Parfois, il vaut mieux lâcher prise et passer le flambeau.

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