En phase de pré nostalgie

À peine quelques jours avant la fermeture définitive de ma garderie.

Je me sens … je ne sais pas trop comment je me sens. Je pense que, comme les enfants que je côtoie, je sais que nous ne passerons plus nos journées ensemble, que nous ne reviendrons plus dans ce local, mais je ne réalise pas encore à quel point cette routine, ces petits bonjours, ces câlins sont sur le point de s’envoler.

Ces moments font partie de moi, ils ont donné vie à mon quotidien tel que je le connais depuis 6 ans. Je n’arrive pas à me convaincre qu’ils sont comptés.

Je voudrais faire de ces derniers moments des souvenirs plus qu’heureux et bien imprégnés dans nos mémoires. Mais ce genre de souvenirs, je n’ai pas l’impression qu’on puisse les fabriquer aussi volontairement. Je n’arrive pas à façonner les derniers moments car je n’ai pas réussi à convaincre mon esprit qu’ils sont bel et bien les derniers.

J’ai bien quelques larmes en y pensant, et vendredi, je fonderai très certainement en larmes en présence des parents qui, eux, réalisent beaucoup mieux que moi la coupure que représentera ce 28 septembre dans nos vies.

Mais lundi matin, mardi matin, mercredi matin et tous les suivants, il y aura un énorme vide dans mon cœur. Peu importe de quoi mes journées seront remplies, je sais très bien qu’il y aura ce manque. Je ne laisserai pas mon local sur pause comme lorsque je pars en vacances. Je devrai le vider, tout décrocher, empaqueter, mettre des petites annonces pour vendre certains articles etc.

J’aurai entre mes mains un livre d’histoire que j’aurai lu des centaines de fois et je ne pourrai me résoudre à m’en départir, j’aurai entre mes mains un bac de petites voitures qui auront roulé sur mon plancher comme sur mes bras, qui auront fait naître des rires et des exclamations, j’aurai entre mes mains les rideaux qui auront créé l’ambiance d’innombrables siestes parsemées petits visages calmes et pâles, mais aussi de pleurs et de dos courbé au-dessus de bébés qui auront eu besoin de présence, j’aurai entre mes main un mouchoir pour absorber mon deuil.

Mais d’ici là, je suis dans le déni et je me sens un peu coupable de ne pas rendre les dernières journées aussi spéciales que ma nostalgie me le reprochera dans quelques jours ou semaines.

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