C’est l’heure des réajustements.

Je vois le bon côté dans ma situation.

Je me compte parmis les personnes chanceuses dans cette période. Pour l’instant, j’ai encore un salaire, je travaille une semaine sur deux, j’ai du temps en famille, on s’aime, on est en santé et tout va bien. Je sais que beaucoup de personnes et de familles ont beaucoup plus de raison d’être déstabilisées et déroutées devant l’inconnu qui s’étale devant nous. Je pense à plusieurs de mes proches qui doivent remanier toutes leurs vies et la façon de subvenir à leurs besoins. Je pense à toutes les personnes qui ont des ennuis de santé ou des enfants à l’hôpital, au stress qu’ils vivent et qui accentue l’ampleur de la crise pour eux.

L’équilibre est encore loin mais, comme d’habitude, j’ai confiance.

Ironie du sort.

La vie a un sens de l’humour à mon endroit, elle m’envoie une drôle de blague à laquelle je dois préparer ma réplique.

Moi qui avais commencé l’écriture d’un livre sur la décroissance, j’avoue que je me sens un peu déroutée dans mon projet.

Mon objectif initial était de sortir mon livre au mois de mai.

Voilà qu’au mois de mars, je me retrouve avec du temps en confinement que je pourrais très bien utiliser pour l’achevement de ce projet. Normalement je serais bien heureuse et motivée par ce « cadeau du ciel » que représente ce temps disponible juste « au bon moment », mais, vous voyez, comme tout le monde, il y a des ajustements à faire dans mon quotidien, et mon esprit est un peu ailleurs.

Mais surtout, mon sujet est, comment dire… volé par l’actualité!

La décroissance nous est imposée et je crois que la majorité des gens use bien de sa créativité pour s’adapter, ce que je trouve formidable. Alors mon discours sur la nécessité de ralentir et de réduire notre consommation et la surstimulation n’a peut-être plus la place que je croyais. Les solutions que j’avais à proposer dans les services de gardes et dans nos familles n’ont plus la même couleur ni le même impact en cette période de confinement, ni après d’ailleurs.

Je dois m’ajuster. Je crois en mon message.

J’essaie de comprendre les effets de ce confinement sur nos réflexes de consommation à long terme. Je me demande à quel point les habitudes perdues, seront mises de côté , à quel point les nouvelles habitudes persisteront, à quel point les valeurs auront changées et à quel point le naturel reviendra au galop!

Le fait que tout ça soit imposé, qu’on change sous le poids de l’obligation, est-il un gage de succès ou plutôt de rejet?

La décroissance sera-t-elle finalement vue comme une bonne solution ou sera-t-elle victime de la répugnance créé par ces « mesures de guerre »?

Mon livre prendra sûrement une nouvelle tournure, le sujet est toujours d’actualité mais l’angle sera révisé et une chose est sûre, il sera marqué, comme nous, par la covid-19.

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